prochains concerts
Concert 16
Récital de piano, à Saint-Louis (68).
Avec : Haiou Zhang.
Concert 17
Récital de piano à quatre mains, à Belfort (90).
Avec : Valentine Buttard, Elena Bobrovskikh.
Sans instrumentistes pour l’interpréter, l’écriture musicale n’est que du papier sur des étagères. Sans lieux pour accueillir les concerts, les musiciens ne sont que serpillères dans des placards. C’est la crise !
La crise de quoi ? On ne savait plus très bien, les médias consentants ânonnaient « c’est la crise ». Mais depuis qu’autour de la Méditerranée les peuples se libèrent, ici aussi on comprend mieux : c’est la crise des gouvernants. Oui, c’est devenu plus clair, il semble que l’on puisse faire sans eux. Peut-être même le doit-on.
Au Salon de Musique nous sommes peu de chose, mais avec ardeur. Nous inventons des concerts. C’est-à-dire que nous contribuons à l’existence de la musique classique et de la musique contemporaine dans notre région. Sans surenchère médiatique, sans star-système, sans coûts exorbitants et cependant au plus haut niveau artistique nous inscrivons la musique dans la vie quotidienne. Comment ? Voilà notre secret : nous ne savons pas faire sans eux. Eux ?
Dans nos précédents éditoriaux nous célébrions les musiciens, le public ou le concert lui-même. Le moment est venu de saluer nos partenaires organisateurs et producteurs des manifestations du Salon de Musique. Sans eux, sans les professionnels, les élus, ces équipes qui accueillent les artistes que nous proposons et qui financent nos programmes, trente cinq concerts manqueraient cette saison en Franche-Comté. Dans la proximité du désastre dû au retrait généralisé de l’Etat on mesure mieux, au nombre des institutions culturelles où la musique de chambre n’a plus cours, que rien ne va de soi. Programmer est un engagement artistique. Programmer aujourd’hui de jeunes concertistes internationaux est un engagement superlatif - que le public honore de son assiduité enthousiaste.
La région Franche-Comté, les départements du Territoire de Belfort et de la Haute-Saône ont toujours apporté leur aide à notre action de démocratisation du répertoire chambriste et de soutien aux jeunes générations de musiciens. Le Ministère de la culture et sa direction régionale l’ont toujours ignorée. Nous avons donc fait sans eux. Ici comme en toute situation d’urgence, l’ingéniosité collective pare aux extravagances brutales du réel.
Produite avec peu de moyens propres au Salon de Musique mais avec des fidélités exemplaires, de nouvelles rencontres et des défections inévitables, chacune de nos saisons musicales en construction n’émerge que lentement de l’incertitude. Cette fragilité nous convient. Elle nous rappelle à la modestie en marquant du sceau de la précarité les ambitions que nous pouvons nourrir. Mono no aware, disait-on dans le Japon ancien, beauté poignante des choses fragiles. Si bien qu’à l’heure de grands ébranlements planétaires, cette 6ème édition nous arrive encore comme un miracle. Puisse-t-il vous enchanter autant qu’il nous émerveille, car en ces temps d’arrogance et de déculturation programmée, ne rien céder sur l’exigence de beauté est une façon de résistance, une élégance que l’on se doit.
Alain Buttard




Le Conseil régional de Franche-Comté
Le Conseil général du Territoire de Belfort
Le Conseil général de la Haute-Saône
La Ville de Belfort